Croisements insolites

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Le temps et l’espace comme ressources de Croisements insolites

L’une des fonctions de Croisements insolites sera également de chercher à comprendre et à évaluer la quantité d’espace réellement disponible pour permettre toutes ces rencontres.

Mais parler d’espace disponible revient nécessairement à parler de temps disponible.

Car pour s’approprier un espace, il faut disposer d’un certain temps ; et pour s’approprier un temps, il faut également qu’un espace puisse l’accueillir.

Le temps et l’espace deviennent ainsi deux dimensions indissociables au sein du projet de Croisements insolites.

Lorsque les espaces disponibles se développent et se multiplient, ils ouvrent également de nouveaux temps possibles : des temps pour créer, répéter, discuter, expérimenter, se rencontrer ou simplement être présent.

Pourtant, tous les temps ne se situent pas au même endroit, de la même manière que tous les espaces ne sont pas disponibles au même moment.

Un lieu peut être disponible alors que les personnes ne le sont pas. À l’inverse, plusieurs personnes peuvent disposer du temps nécessaire pour se rencontrer sans avoir d’espace où le faire.

Croisements insolites pourrait alors chercher à identifier ces interstices : ces espaces disponibles et ces temps morts dans lesquels une rencontre, une création ou un projet pourrait prendre place.

Le « temps mort » ne serait donc pas nécessairement un temps vide ou inutile. Il pourrait devenir un temps encore inoccupé, un temps disponible, susceptible d’être investi par une rencontre et transformé par elle.

Une question apparaît alors :

Quels projets artistiques peuvent devenir possibles lorsque des temps morts rencontrent des espaces disponibles ?

L’ampleur des œuvres, des projets et des rencontres multiples susceptibles de naître à travers Croisements insolites dépendrait ainsi, en partie, de la quantité de temps disponible, de temps encore inexploité et d’espaces pouvant accueillir ces initiatives.

Mais une autre question se pose :

Les espaces encore capables de fédérer des rencontres sont-ils suffisamment nombreux pour accueillir toutes les rencontres potentielles ?

Peut-être que non.

Car chaque personne participant à un concert collectif — qu’elle soit artiste, membre du public, organisatrice, technicienne ou simplement présente — possède elle-même une part particulière de temps et d’espace.

Cette disponibilité existe indépendamment des espaces directement proposés par Croisements insolites.

Une personne peut disposer de quelques heures, d’une pièce, d’un atelier, d’un jardin, d’un lieu de répétition, d’un savoir-faire, d’une disponibilité ponctuelle ou simplement d’un moment qu’elle souhaite consacrer à une autre personne.

Ainsi, l’espace de Croisements insolites ne serait pas uniquement constitué des lieux officiellement mis à disposition de son projet.

Il pourrait également être constitué de la somme des fragments de temps et d’espace que chacun est libre de rendre disponibles.

Croisements insolites chercherait alors moins à posséder des espaces qu’à révéler ceux qui existent déjà, moins à organiser entièrement le temps qu’à identifier les moments où quelque chose peut encore advenir.

L’espace disponible rencontre le temps disponible.

Le temps disponible rencontre une personne.

Une personne en rencontre une autre.

Et de cette coïncidence peut naître un projet qui, auparavant, ne disposait ni du temps ni de l’espace nécessaires pour exister.

Ainsi, Croisements insolites ne pourra exposer ses événements lors des Temps Mort uniquement, donc surtout le week-end :
– Le vendredi soir
– ou le samedi soir

Et enfin, les lieux qui pourront accueillir les concerts collectifs de Croisements insolites, devront pouvoir accueillir entre 200 et 300 personnes. En effet, le nombre de participant(e)s aux événements de Croisements insolites doit être suffisamment haut mais aussi suffisamment bads pour ne pas noyer les rencontres dans le foule.

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